Sur les ruines de la République en gestation emportée

par dix ans de guerre larvée, s’est érigé dans le silence des traumatismes, un roi.
Illégitime certes, mais roi de fait porté par des armes empruntés, et des errements constitutionnels de possédés de la 25ème heure.

Sur le lit des trahisons, des lâchetés, des cécités volontaires ou obligées, s’est élevé un royaume.

Royaume, destructeur du royaume Nzima, Oualebo, et autres entités protectrices des valeurs morales ancestrales préservées jusque là.

Il est vrai l’argent, tel un fleuve en crue emporte les îlots de résistance, de probité.

L’argent. Bras séculier du roi a rasé tel un bulldozer ivre les rares hameaux de résistance intelligente et républicaine. Désireux de s’attirer les bonnes grâces du roi régnant, d’autres rois, perdus entre les espèces sonnantes et leur morales dormantes, ont prêté allégeance et conduit leurs peuplades sur les dynamites de l’explosion sociale.

Le royaume, au forceps écarte les cuisses ensanglantées de la nation ivoirienne pour s’imposer dans sa splendeur de violeur à répétition des lois, de la moralité, de d’honneur. Embastillant même les nouveaux nés qui lui font un doigt d’honneur, le royaume se révèle impitoyable, liberticide. Le mal.

Ils oublient que l’histoire des Taylor, Compaoré, Amin et que sais-je, s’est toujours dissipée dans la fuite. Jamais le mal ne l’emporte sur le bien. C’est une constante immuable. Même si les artifices et les thuriféraires pléthoriques lui chantent des louanges ad vitam eternam, nul ne peut rester le plus fort indéfiniment.

L’aube viendra. La lumière dissipera les miasmes et les manteaux noirs des illusions éhontées. La violence, le mensonge, n’auront jamais la reddition du peuple éprouvé mais solide.

Ce royaume ne naîtra pas sur notre terre.
Tandis qu’ils dressent leurs colonnes de mensonges, leurs bataillons d’illettrés, leurs collaborateurs zélés,

Dans le silence se solidifient les aspirations de millions D’hommes et de femmes.

Du nord au sud, de l’ouest à l’est, s’érigera une résistance d’Ivoire.

Fiers et debout nous porteront ce royaume à l’embouchure de Grand Bassam.

Aucun royaume obscur ne viendra établir le règne de la terreur sur le pays de Houphouët-Boigny.

Des cendres, renaîtra notre République, farouche et fier.
Fiers ivoiriens le pays nous appelle.

Il y’aura pas de royaume.

Ni maintenant ni jamais.
Ce royaume est déjà mort-né.