Lorsque vous remontez de l’aéroport de Ouaga pour Ouaga 2000, vous empruntez allègrement l’avenue Bassawarga. Tout guilleret, cet après-midi, je conduisais mon « carrosse », quand j’entendis un klaxon intempestif derrière . Les Ouagalais sont généralement des personnes pressées (homo motorus pressum-vous aurez compris ) , je me suis senti énervé, puis sans même me retourner, j’eu une grosse envie de faire un doigt d’honneur. Dieu m’inspirant, j’envoyais un signe de main pour dire : vous fatiguez à la fin. Le feux passa au rouge, et le véhicule avant moi stoppa net. Musique à fond, c’était une après midi ordinaire, j’étais relax. Le véhicule de derrière deboîte doucement pour se retrouver en seconde file à mon niveau. Un véhicule militaire de transport de troupes. Soldats impeccablement assis, armes aux pieds… Le 4×4 du Régiment Spécial de Sécurité se mit juste à mon niveau . Les soldats du contingent me regardaient avec des yeux à vous glacer le sang, et moi subitement tout petit dans cette 306 vert bouteille, j’eu froid. Ce froid qui vous fait passer de gros à mince, ou de riant à pleurant, de noir à blanc…. NOS REGARDS se croisèrent. En cette Année 2010, toute ma vie défila… Le feu passait au vert, l’iguane devant moi ne bougeait point. Ce feu durait une heure, et la musique s’était estompé…Je pensais à mes blessures, la manchette des journaux, mon épitaphe… Comment m’extirper de là ? A la nage, en courant, en rampant sous terre.. Bref. Enfin le 4×4 repris son chemin lentement , et moi tout en sueur dans cette climatisation surabondante, je poussais un ouf de soulagement immense à faire frémir les feuilles d’un grand baobab… Si vous plaît, avant d’envoyer un doigt d’honneur, sachez à qui vous avez affaire… Depuis, suis-je devenu un Gentleman à vie.#theprophet